J4 - Puerto Ayora, la suite

Moment fort de la journée : se décider à partir sur une croisière de bon niveau pour le reste de notre séjour aux Galapagos

 

Ce matin, nous partons plonger. Et pour cela, le réveil est programmé à 6h30. Nous avons en effet rendez-vous à 7h au dive center. Nous sommes presque à l'heure, avec un quart d'heure de retard, à cause de la difficulté à trouver un taxi pour rejoindre le centre : c'est en effet à ce moment que tous les enfants vont à l'école. Les rues sont donc un peu plus animées que d'habitude. Nous montons d'ailleurs avec un équatorien, et faisons un détour par le lycée, ce qui nous fait visiter des rues que nous n'avions pas vues, avant d'arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible, gris, mais peu importe, du moment que nous voyons des choses sous l'eau.


Nous partons un peu avant 8h du petit port, où d'autres bateaux larguent les amarres pour rejoindre d'autres sites de plongée. Un père et son fils nous accompagnent, pour leur baptême. Nous sommes donc 6, en comptant Alvaro, notre instructeur, et un jeune d'une vingtaine d'années pour s'occuper du bateau. Nous partons vers le nord, pour rejoindre Seymour, un des quatre grands sites autour de Santa Cruz. C'est donc en longeant la côte, vierge, que nous y parvenons, après 1h20 de trajet. La mer n'est pas agitée, mais n'est pas non plus comme de l'huile. Le temps passe lentement, et la navigation est un peu longue. Audrey a un peu peur de plonger, à cause de sa côte, et parce qu'elle sait que les Galapagos sont légèrement plus difficiles que la Polynésie. Fred la rassure, mais le tangage du bateau n'aide pas. Et presque une heure et demi, c'est long, surtout quand personne ne parle (notamment à cause du bruit du moteur). A 9h20, nous y sommes. Nous jetons l'ancre à dix mètres de la paroi rocheuse, pas très haute (4 ou 5 mètres), noire, avec deux ou trois touffes d'herbe verte de temps en temps. L'eau est assez belle, entre le bleu et le vert. A une centaine de mètres, un banc de sable est découvert, sur lequel des otaries dorment tranquillement. Quasiment depuis que nous avons quitté le port, nous n'avons vu aucune trace d'activités humaines. Tout est laissé à l'état naturel (et l'île est assez grande), comme ici, autour de nous. Nous mettons notre équipement, puis nous mettons à l'eau par la désormais classique "bascule arrière" (sauf pour Audreyndont la bouteille et le gilet sont jetés à l'eau, puisqu'elle ne peut porter cette dernière en dehors de l'eau, à cause du poids). A la surface, l'eau est un peu plus agitée. Non pas qu'il y ait du courant, mais des remous, un peu de houle, et dans ce nouvel environnement, cela peut-être un poil impressionnant. Audrey n'est du coup pas à l'aise, pas rassurée, et angoisse. A tel point qu'elle préfère remonter à bord du bateau. Tant pis pour la plongée. Une fois au sec, Fred part donc avec l'instructeur à une quinzaine de mètres de profondeur. L'eau est un peu moins froide que prévu (nous avions tellement entendu parler de la température de l'eau ici. La combinaison 7 mm joue bien son rôle), et la visibilité correcte, mais sans plus. Rien à voir avec la Polynésie, notre seule référence, incroyable de clarté (hier soir, Loren, l'américaine, a d'ailleurs halluciné lorsque nous lui avons montré nos vidéos de plongée là-bas). Par contre, dès les 5 mètres de profondeur atteints, à une tout petite dizaine de mètres du rivage, de nombreux poissons mènent leur vie, vont et viennent, en solo ou par bande. Les poissons perroquets verts/turquoises sont là, comme bien d'autres. La vie est bien présente. 10 mètres plus bas, c'est un peu plus désert, sans l'être complètement. Une raie pastenague, puis une deuxième, sont là, posées sur le fond en sable. Une murène sort de son trou. Le fond n'est pas très coloré, un peu comme à Tahiti. Puis un requin, assez gros, devient visible à dix mètres, un peu plus haut, sans se rapprocher suffisamment pour véritablement apprécier sa présence. Ce sera la seule chose vraiment intéressante de la plongée, qui dure 45 minutes. Les étoiles de mer sont légion, et assez grosses (30 cm de diamètre), et quelques poissons multicolores, dont certains jaunes aux reflets violets, mènent leur vie. Les courants froids, et d'autres plus chauds, se distinguent facilement. La plongée est plus difficile que celles que nous avons connues, mais cela est sûrement dû au fait de retrouver les bases. La consommation d'oxygène, ici indiquée en psi, est supérieure à celle des autres fois. Il faut dire qu'il y a une ou deux fois un peu de courant.


De retour sur le bateau, à 10h30, notre instructeur emmène les deux personnes avec nous pour leur baptême. Nous restons donc tous les deux, plus le pilote, à les attendre. Audrey ne va pas très bien, et a été malade pendant la plongée de Fred. Du coup, quand ils reviennent, elle touche à peine à la nourriture qui est servie, posée sur une petite table improvisée au milieu de l'arrière du bateau. Le soleil fait son apparition, et il commence à faire chaud. L'eau prend d'ailleurs une couleur un peu différente. C'est à ce moment que nous changeons d'endroit, pour aller un peu plus loin dans cette zone. Nous pensons voir deux ailerons de requins pointer hors de l'eau sur notre droite, à 10 mètres de nous, mais non, c'est en fait une raie manta, dont le diamètre avoisinne les 3 mètres. Dommage qu'elle n'ait pas été plus proche, car nous aurions sauté dans l'eau pour la voir de plus près, et la regarder battre des ailes comme un oiseau. Il est 12h30, l'heure de la deuxième plongée. Audrey ne la sent pas, et préfère rester de nouveau sur le bateau. Fred plonge donc de nouveau seul avec l'instructeur. Là encore, il y a beaucoup de poissons à peine descendus de quelques mètres. Le fond est tapissé d'anguilles de mer, qui, à 5 mètres de distance, se confondent avec des algues. Leur corps est peu épais (2 cm), elles sont assez longues, et sortent partiellement du sol en sable, bougeant avec le ressac des courants de surface. En s'approchant, elles se retractent dans le trou qu'elles occupent, toutes en même temps, et lorsqu'elles sont en partie sortie, tournent la tête tel un périscope de sous-marin. En continuant, Fred et le divemaster coupent à travers de gigantesques bancs de poissons, qu'ils soient longs et fins (comme de mini-barracudas), ou jaunes avec le ventre gris (25 cm de long). Il y en a véritablement partout, que ce soit au dessus, sur les côtés ou en dessous. Cela fait bizarre, mais c'est très sympa. En suivant l'instructeur de quelques mètres, et en cherchant du regard des choses à voir, Fred remarque une pieuvre dans une cavité, dont les ventouses apparaissent clairement. C'est après 40 minutes, qui sont passées assez vite, que nous retrouvons Audrey, dont l'état est toujours très moyen. Nous levons l'ancre, et retournons vers le sud de l'île par un autre chemin, en s'arrêtant à l'embarcadère emprunté lors de notre arrivée, juste à côté de l'aéroport, pour terminer en taxi. Tant mieux, car cela permet à Audrey de se sentir un peu mieux. Le temps est parfait, mais se couvre au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la ville. Lorsque nous arrivons, une petite pluie fine se fait même sentir. Il est 14h50. Ayant l'après-midi de libre, nous choisissons d'aller au centre de Santa Cruz, pour voir des tortues sauvages. Il est en effet possible de se promener dans un endroit dans lequel les tortues sont laissées libres. On parle ici de tortues centenaires et géantes bien sûr. Nous restons donc dans le même taxi, pour qu'il nous accompagne, après avoir récupéré son petit garçon. Nous arrivons à 15h30, et il pleut un peu plus, à fines gouttes. Nous enfilons des bottes que l'on nous prête, passons sous un porche où sont exposées des carapaces de tortues, visitons un "tunnel de lave" (une cavité souterraine où la lave coulait auparavant, formant une sorte de grotte longiligne et assez grande), puis nous promenons dans le "parc", ce grand espace vert où l'on peut s'approcher des tortues, qui se comptent par dizaines. D'ailleurs, en arrivant en voiture, nous en avons croisées plusieurs, juste derrière la cloture de fils de fer, cotoyant quelques vaches, ou bien sur le bord de la route, cherchant à traverser pour passer de l'autre côté. Nous croisons rapidement de grosses carapaces, et nous approchons à petits pas, pour ne pas les effrayer. Timides et peureuses, les tortues rentrent dans leur immense coquille, et soufflent par les narines en émettant le son qu'on imagine, de manière sèche et rapide. Nous restons cependant toujours à au moins un mètre d'elles. C'est terrible, car ces animaux sont uniques, très vieux, particuliers. Nous n'arrivons pas à nous habituer à les voir d'une part, et si près d'autre part. Car ici, sur ces îles, on voit des choses uniques sans être au zoo. Nous passons près d'une marre de boue, dans laquelle plusieurs tortues pataugent. En avançant, toujours sous une pluie fine, nous croisons une vingtaine (au total) d'autres tortues, parfois toute proches,  parfois un peu plus éloignées. Libre à nous de marcher pour les rejoindre ou de ne pas les déranger. La plupart ont le même âge, et la même taille, que celles vues au Centre Darwin hier, mais sont ici à l'état sauvage. Nous bouclons ce tour autonome vers 16h45, et repartons à la guesthouse avec le taxi, ce qui nous prend 45 minutes, après avoir déposé un local qui souhaitait rentrer chez lui sur le chemin.


Entre ces différentes activités, nous avons repensé et discuté de la croisière de 5 jours, qui nous tente de plus en plus. Même si cela représente une somme conséquente, nous nous disons que nous ne sommes là qu'une fois, et qu'il vaut mieux ne pas louper sa chance, même si cela doit nous coûter quelques centaines d'euros supplémentaires. Nous avons aussi peur de regretter dans quelques mois de ne pas être partis à la découverte des autres îles en croisière, à notre retour, et plus tard. Malheureusement, ici, nous sommes la tête dans la guidon, et une fois sur place, comme en Polynésie, nous nous disons que nous sommes dans un endroit exceptionnel, et que cela vaut la peine de mettre un peu plus d'argent pour vraiment en profiter, même si nous sommes sur la dernière partie du voyage, que les frais au total sont importants, et que nous avons déjà craqué pour bien des choses au cours des (presque) 10 derniers mois. A la guesthouse, nous nous installons dans le dortoir avec les deux néo-zélandais, James et Ryan, car notre chambre de cette nuit est prise (nous n'avions réservé que 2 nuits, en pensant être ce soir à Isabela, dans une autre île). Nous prenons une douche et repartons pour le "centre". Après 5 minutes de taxi, nous avons toutes les difficultés du monde à retirer de l'argent. Les distributeurs ne fonctionnent en effet pas très bien ici, et sont peu nombreux. Fred va replonger demain, et si nous partons en croisière, ce qui est de plus en plus certain (nous n'arrêtons pas de peser le pour et le contre, notamment par rapport aux autres options que nous avons), nous aurons besoin de 1600 dollars en liquide (à deux. Nous apprendrons dans quelques jours, auprès d'autres passagers, que le prix qu'ils ont payé était loin d'être 800 dollars par personne... mais 2000. Oui oui.). Au dive center, nous apprenons qu'ils ont appelé le capitaine du bateau, et que nous pouvons économiser 30 dollars par personne. C'est presque ridicule, mais c'est toujours cela de pris. Cela nous paiera le tranfert vers l'île de san Cristobal, où nous devrons nous rendre pour commencer la croisière. Nous nous décidons du coup à signer, et nous engageons pour 5 jours et 5 nuits à travers les îles du sud de l'archipel, sur un bateau plutôt haut de gamme, le "Millenium", jusqu'à mercredi, jour où nous prendrons notre avion pour retourner sur le continent (nous pourrons rejoindre l'aéroport dans la foulée, car les horaires ne se chevauchent pas). Nous partirons demain en début d'après-midi, et devrons repasser ici pour régler la différence (nous avons pu retirer presque la totalité), donner une photocopie de notre passeport, et récupérer les photos de la plongée de ce matin. Nous demandons aussi si Audrey peut se faire rembourser une partie de la sortie en mer à Seymour, puisque finalement, elle n'a pas plongé. Réponse demain. Fred, qui veut en réserver une autre pour demain matin à Gordon Rocks, est déçu. En effet, contrairement à ce qu'on lui avait dit, il n'y a finalement aucun autre client qui souhaite y aller, ce qui annule la sortie. Grosse déception. S'il avait su, il aurait organisé les choses différemment, et serait peut-être allé ce matin là-bas (plutôt qu'à Seymour). La fille du dive center, gentille, nous emmène voir le centre de plongée d'à côté, mais l'un des néo-zélandais avec qui nous partageons le dortoir à la guesthouse a eu un problème un peu sérieux avec eux ce matin, à cause d'une remontée trop rapide. Du coup, et sachant en plus que Gordon Rock est un endroit un peu plus technique, Fred préfère éviter de suivre ce conseil. De toutes façons, nous apprenons en allant les voir qu'ils n'iront pas là-bas demain matin. Son seul choix est donc de se lever à 6h00 du matin, pour se pointer dans les deux dive center réputés (dont Scuba Iguana, les meilleurs en ville) pour aller plonger là où ils iront (grosse inconnue), s'il reste de la place (car il n'est pas question de prendre trop de risques et d'aller à Gordon avec une agence prise au hasard). Dur. Dommage car nous avions tout fait pour arranger les choses de manière à pouvoir plonger deux fois, et partir sur la croisière à bord du Millenium juste après.


A 20h30, nous passons par la place centrale, à cpoté du terrain de volley (où lez 3 joueurs de chaque équipe se prennent au sérieux, comme s'ils disputaient un match olympique, avec une touche de balle qui ferait bondir les joueurs occidentaux, à cause de "portés" de balle, ou de smatchs rendus faciles - leur main accompagnant complètement la balle), puis nous allons diner, dans un bar du coin (celui d'avant-hier, le "sushi bar"), où nous avons rendez-vous avec les 3 autres voyageurs de la guesthouse, avec qui nous partirons demain en croisière. Nous commandons un hamburger, dont le steack est cuit sur un morceau de lave. L'idée et la présentation sont géniales. Dommage qu'il soit interdit de ramener des choses des Galapagos, car cela nous inspire. Nous restons à discuter tous ensemble jusqu'à minuit, après avoir terminé par un billard. De retour au Best Home Stay Hostal, Fred écrit un article, et éteint la lumière à 2h du matin. Tiraillé par l'envie de se lever demain pour aller tenter sa chance et plonger avec Scuba Iguana, sachant que c'est l'unique occasion, il préfère finalement abandonner l'idée (un peu à regret), car il est tard, sera fatigué pour plonger s'il doit se lever dans 4h (d'autant que nous avons bu quelques bières au bar où nous étions, et qu'il s'est levé tôt ce matin), et qu'en positivant, cela fera une belle économie. Il hésite jusqu'au moment d'éteindre la lumière, et la raison finit par l'emporter, surtout à cause de la fatigue et du risque que cela pourrait représenter. Une déception à ajouter aux chiffres de ce voyage fantastique.


Demain, nous partons en voyage. C'est excitant, car nous nous posons de nombreuses questions sur le bateau, ou par exemple sur les îles que nous allons voir. Une nouvelle expérience que cette croisière aux Galapagos...

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Justine et Anaïs (jeudi, 05 septembre 2013 19:48)

    Il fait bien la tortue parrain !!