J10 - Back to Rurrenabaque

Derniers moments dans la forêt aujourd'hui. Nous nous levons un peu plus tard qu'hier, vers 8h, après une nuit dont notre dos se souviendra quelques jours, un peu fraiche, et prenons un petit-déjeuner bien agréable, composé en plus des boissons usuelles, de beignets à la banane. Pourtant, il n'y a pas de cuisine, juste quelques ustensiles et un feu avec une grille dessus. Nous plions les affaires, et partons à 10h, en route pour rejoindre le Rio Ruichi, où nous allons construire un bateau, pour redescendre le fleuve jusqu'au campement "en dur" de la première nuit. Sur la berge, faîte de pierres ou se cachent de nombreuses araignées (petites, comme celles que nous avons en Europe), de superbes papillons noirs et turquoises virevoltent un peu partout. Malheureusement, impossible d'arriver à en photographier un. De gros rondins de bois, longs d'environ 5 ou 6 mètres, sont là, ainsi que deux cordes. Le bois provient d'un arbre local, dont la flotabilité est importante. Au boulot. La technique consiste à placer deux rondins côte à côte, à mettre un gros baton dans la largeur pour s'en servir de point d'attache, puis à faire passer la corde en diagonale entre les deux, à faire plusieurs tours, en tirant bien, puis à re-tirer un coup (en utilisant le pied contre les rondins pour pouvoir tirer plus fort) avant de passer la corde transversalement, et de recommencer l'opération avec le prochain rondin à l'autre bout. Après une vingtaine de minutes, le radeau est prêt. Reynaldo a laissé Fred faire l'autre extrémité, et a vérifié que tout était bon. Nous le mettons à l'eau. Nos sacs sont emportés par un autre bateau, à moteur celui-ci. L'eau est froide, couleur terre, mais cela fait du bien, car il fait très beau, et chaud. Nous prenons place, Audrey au milieu, et Fred à l'arrière. L'eau passe entre les rondins, notamment lorsque l'eau est moins profonde et qu'il y a quelques remous, mais ce n'est pas grave, car nous sommes en maillot de bain. La descente dure une bonne heure. Reynaldo a laissé les commandes à Fred pendant les deux-tiers, après avoir commencé au début. Deux grands batons, d'environ 3 mètres de long, servent de pagaies, ou bien pour pousser l'embarcation quand la profondeur le permet. Nous n'avonçons pas tres vite, mais la balade est bien agréable. Reynaldo s'est allongé à l'avant, et nous discutons tous les trois, en essayant au passage de l'interviewer. C'est aussi à ce moment de la journée que nous nous faisons manger par les moustiques et sandflies (au niveau des jambes surtout), dont les boutons, au total une quarantaine chacun, nous gratterons pendant les 4 prochains jours.

 

Nous arrivons au camp vers 12h30, et en profitons pour prendre une douche, avant de déjeuner dans la grande hutte, dans laquelle de nouveaux touristes sont installés, commençant leur périple. Nous avons un peu de temps avant de repartir vers Rurrenabaque, et en profitons pour nous balader dans la périphérie du camp. Finalement, nous serions bien restés une journée de plus. Reynaldo nous rejoint, et comme promis avant-hier, nous partons à la recherche de larves, car nous lui avions dit que nous souhaitions en goûter. Nous avions essayer d'ouvrir quelques noix, trainant par terre, hier ou auparavant, mais sans en trouver à l'intérieur. Cette fois-ci, après 10 minutes marche, nous en trouvons. Elles sont petites, mais bien vivantes, et vivent dans de petites noix de coco, dont la taille est identique aux noix que nous avons sur notre continent. Curieux et en même temps un peu dégoûtés, nous en mangeons une, vivante et crue, en la croquant difficilement, et sommes surpris par son goût de coco, pas mauvais du tout et sa texture laiteuse. Bon, cela fait bizarre de mettre quelque chose de vivant dans sa bouche, mais après tout, ce n'est pas sale, et plutôt bon. Du coup, nous en reprenons une. Finalement, cette histoire de larve, c'est juste culturel.

 

Nous partons vers 14h, et disons au revoir à la jungle, après s'être assurés que la tarantule de l'autre fois est bien toujours là, dans son nid, difficilement visible néanmoins. Le bateau pour retourner à la ville est le même qu'il y a trois jours. Nous mettons plus d'une heure pour retourner à Rurrenabaque, en regardant les arbres, bambous, et plus généralement la végétation, défiler au fur et à mesure. Nous sommes un peu triste de devoir quitter bientôt Reynaldo, dont nous n'oublierons pas le visage, le sourire, les expressions, et les moments partagés tous les trois. Sur la route, la bateau s'arrête à un moment sur la rive pour prendre une famille. Rey profite du moment pour nous poser des questions sur la traduction de certaines phrases espagnoles en anglais, qu'il écrit sur un petit carnet. Une fois en ville, nous retournons à l'agence pour récupérer les affaires que nous avions laissées. Ca y est, cette fois, c'est fini. C'était bien. Il n'est pas très tard, et ne partons que demain pour La Paz. Nous avons donc du temps, et restons un peu dans les parages, ou sur le devant de l'agence, pour discuter avec des touristes, qui se renseignent sur la qualité de notre séjour et de Machaquipe. Au moment de partir, nous donnons rendez-vous ce soir à Reynaldo, pour boire un verre avec lui. Nous arrivons dans notre chambre, à cent mètres de là, à 16h10. Nous nous installons sur la terrasse dans la cour intérieure, et écrivons un article. Il va y en avoir des photos à trier, et des choses à raconter sur ces quatre jours. L'heure tourne, et vers 19h, nous allons au Mosquito Bar, à côté, comme le soir de notre arrivée, pour retrouver Emma et Jamie, les deux anglais avec qui nous étions dans la jungle, rentrés hier. Reynaldo ne viendra pas, malheureusement. Dommage, car nous aurions bien aimé le revoir, le saluer, et passer un dernier moment avec lui. C'est en effet une des rencontres que nous n'oublierons pas, au même titre que notre guide et notre porteur au Népal. Nous retrouvons également un autre couple d'anglais (ceux rencontrés à Santiago et croisés par hasard dans la jungle avant-hier), que nous avons revus par hasard tout-à-l'heure dans la rue. Ils sont accompagnés d'une française, très sympa, ayant étudié aux Etats-Unis. Un couple de quadragénaire - une néozélandaise et un hollandais - se joint également à nous, par l'intermédiare de la française. Nous les retrouverons à Cusco dans une semaine, par le plus grand des hasards. C'est fou les voyages, on rencontre des gens et on les re-croise plus tard par hasard dans un contexte différent, et de manière totalement inattendue. Nous restons jusqu'à 22h, dans une ambiance très amicale, à siffloter des Coronas à 1,5 euros et des cocktails à 2 euros. Fred, ayant très faim, commande deux hamburgers, aux portions pourtant généreuses. Nous nous en tirons pour 20 euros, soit facilement quatre fois moins qu'à Paris. Il fait chaud et humide. A l'hôtel, nous nous connectons rapidement à Internet, pour mettre des photos à charger (la connexion est bien meilleure qu'à La Paz, un comble), puis éteignons les lumières. Ce soir, nous redormons dans un vrai lit. Nos boutons nous grattent sévèrement (nous utilisons nos deux mains pour nous gratter une jambe). C'était sympa de retrouver des décors qui nous ont rappelé l'Asie et le Cambodge.

 
 

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Commentaires: 1
  • #1

    alain S (mardi, 20 août 2013 07:14)

    Sympa le percing sur la langue de Fred